Hippocrate : un praticien célèbre, aux principes archaïques… ou avant-gardistes ?

Hippocrate est célèbre par le serment que les médecins occidentaux prononcent avant d’exercer, mais aussi par la non moins célèbre phrase affirmant que l’alimentation doit être la première médecine de l’être humain !

Pourquoi le nom d’Hippocrate a-t-il traversé ainsi les siècles ?

Ses préceptes sont-ils toujours d’actualité ?

Ce personnage reste bien mystérieux !

Bon nombre de biographes se sont penchés sur sa vie, depuis l’Antiquité, mais la difficulté réside dans les zones d’ombre qui demeurent, entre mythes et réalité…

Quelques certitudes sur la vie d’Hippocrate

Hippocrate était un médecin grec, ayant vécu approximativement entre – 460 et – 370 avant JC. Comme le veut la tradition grecque de cette époque, il acquiert ses connaissances médicales auprès de son père Héracleidès.

Il voyage beaucoup pour parfaire son savoir, et soigner les malades qu’il rencontre, ce qui a certainement contribué à la propagation de sa réputation. Il fonde des écoles de médecine, où ses fils prendront sa suite, en perpétuant les principes du serment d’Hippocrate :

  • Le disciple doit soutenir son maître en cas de difficultés
  • Les devoirs envers les patients sont énumérés

Celui-ci établit les bases d’une déontologie médicale, en opposition au charlatanisme de beaucoup de praticiens de son époque, puisqu’aucun « diplôme » ne sanctionne alors les pratiques de ceux qui soignent… ou prétendent soigner.

Mais il n’est pas garanti qu’Hippocrate en soit vraiment l’auteur, car certains de ses écrits seraient en réalité le travail de son gendre, des élèves et des professeurs des écoles qu’il a créées.

Il se distingue de ses confrères par une nouvelle conception de la médecine 

Il dissocie la médecine des croyances religieuses et mystiques alors en vogue. En effet, on invoquait souvent les dieux pour trouver les causes d’une maladie, et on avait recours à la « magie » pour la soigner.

Il adopte une démarche rationnelle et basée sur l’observation, dans laquelle le malade devient le principal sujet de préoccupation (principe que l’on retrouve dans le serment d’Hippocrate). Il prend en compte les signes cliniques pour établir un diagnostic, et trouver des causes naturelles.

Mais ce qui rend ce personnage fascinant, ce sont ses idées innovantes et étonnamment modernes… qu’on semble redécouvrir aujourd’hui !

Hippocrate le « visionnaire »

Il fonde sa médecine sur les constats suivants :

  • Le corps humain est composé de 4 humeurs : la lymphe (ou phlegme), le sang, la bile jaune et la bile noire, présentes en équilibre lorsqu’on est en bonne santé.
  • Le déséquilibre provoque la maladie, en 3 étapes : l’humeur dégénère, puis la fièvre apparaît, enfin l’humeur en excès est évacuée par les émonctoires (urines, bile, sueurs, selles, etc…). Il explique par exemple ainsi la toux pour évacuer trop de phlegme, ou la nécessité de la saignée et des sangsues pour un surplus de sang.
  • Il distingue également une étape importante dans la maladie : la « crise », sorte de paroxysme pendant lequel soit la maladie va emporter le malade, soit le patient va déclencher un processus naturel de guérison pour se rétablir.

Les causes de ce déséquilibre peuvent être :

  • Alimentaires
  • Environnementales: Hippocrate prend en compte les saisons, les vents, la qualité de l’eau…
  • Liées à l’âge

Pour aider cette auto-guérison, la médecine hippocratique applique des principes simples :

  • Le repos, ou l’exercice, selon les cas
  • L’hygiène pour pallier aux infections
  • Les traitements doux, comme les baumes
  • La médication par les plantes, les minéraux
  • La guérison des fractures avec un système de traction
  • La compression des hémorragies

Mais ce qui paraît incroyablement contemporain, ce sont ses conseils en matière de diététique :

  • Il conseille une nourriture équilibrée, adaptée à son « tempérament », mais aussi au lieu, au climat et à la saison : on peut ainsi compenser le défaut d’une humeur avec une nourriture appropriée
  • Il recommande une nourriture proportionnée : sans abus
  • Il conçoit la digestion comme une cuisson de la nourriture, et donc la nécessité de consommer certains aliments crus, d’autres cuits, pour faciliter cette digestion
  • Il vante les mérites de la consommation de fruits et légumes

Evidemment, les connaissances anatomiques d’Hippocrate étaient incomplètes, car les dissections et la chirurgie étaient encore peu pratiquées à cette époque. Ce qui explique les erreurs qu’il a pu commettre, par exemple :

  • Dans sa théorie des 4 humeurs
  • Dans sa conception du système sanguin : la circulation étant due selon lui à l’impulsion de l’air

Mais s’il est régulièrement cité comme le père de la médecine clinique, les thérapies  dites « modernes » ont tendance à considérer la médecine hippocratique comme obsolète… et pourtant !

  • La naturopathie a une approche similaire en prenant en compte les éléments, le milieu humoral ou les tempéraments
  • La théorie de l’élimination des « polluants cellulaires » d’origine alimentaire ou bactérienne (provoquant des « maladies d’élimination ») par le chemin des émonctoires que sont la peau, les voies ORL et digestives, fait partie intégrante de la pratique de certains scientifiques
  • Certains de ses enseignements sont toujours d’actualité en pneumologie (« l’hippocratisme digital » est un symptôme répertorié), et en chirurgie (comme la cautérisation et la ligature des hémorroïdes, ou l’utilisation du spéculum)
  • Il a enseigné la rigueur de la pratique médicale, en particulier pour les dispositions à prendre auprès des patients : matériel, instruments, éclairage, bandages, hygiène, etc…

Et surtout, Il a affirmé la prépondérance de l’alimentation dans la santé !

Et toi, quel est ton avis ? Penses-tu que les principes d’Hippocrate soient toujours d’actualité ?

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