Partie 2 : l’histoire de Julien avec le soda

  • Peux-tu te présenter et nous en dire un peu plus sur toi ? 

Julien, un peu plus d’un quart de siècle, jeune diplômé en commerce. Passionné de nouvelles technologies de communication et d’informations.

  • Peux-tu nous expliquer comment tu es devenu « accro » aux sodas ?

Tout simplement : tu commences à boire un verre par ici par là quand tu es tout petit (tu ne te rappelles même pas de ton 1er  verre tellement tu étais petit) et ensuite c’est l’engrenage : tu trouves du soda partout, à l’école, au sport, à la maison, dans les magasins, aux anniversaires, à chaque fois qu’il faut célébrer ou boire c’est quasi inévitable …. Il y a du soda ou des dérivés car leurs palettes sont riches…  Et puis avec les pubs… petit à petit les quantités augmentent jusqu’au jour où le 1er  aliment que tu avales le matin …. est … le Soda (ça m’est arrivé :-)). Quand tu bois 1,5 L non pas d’eau mais de Soda par jour (ça m’est arrivé aussi :-))… certains amis ont fait mieux que moi : 3 litres avec plaisir !

  • Quels étaient les conséquences sur ta santé de cette surconsommation de sodas ?

Eh bien, premièrement cela a entrainé un dérèglement du corps et notamment des troubles du sommeil. En effet, sous l’effet de la caféine, il était impossible pour moi de dormir avant 23h. Pour peu que j’aie une envie de Soda un peu trop tardive, je pouvais être sûr de ne pas trouver le sommeil avant 2h matin. On finit par s’endormir d’épuisement.

Du coup, c’est le début de la spirale infernale car comme je dormais tard : les réveils étaient douloureux.

Deuxièmement, le manque crée une frustration et une certaine anxiété : plus on y pense plus on a soif et bizarrement on veut notre soda habituel, le plus vite possible pour apaiser cette soif.

Ensuite, une fois rassasié un sentiment de culpabilité s’était installé, ces derniers temps.

Sans oublier, les traditionnels et récurrents gargouillements et maux de ventre. Toutefois, je m’estime heureux par rapport à d’autres car je n’ai pas eu de réelle prise de poids ni de maladie chronique (bon j’avoue je n’ai pas non plus cherché à faire un check up complet).

  • Quel a été le « déclic » pour comprendre qu’il était temps d’arrêter d’en consommer ?

En fait, il y a plusieurs petits déclics (pas si petits que ça mais dans ma tête, ils étaient insignifiants : il aura fallu la combinaison de ces derniers pour pouvoir prendre pleinement conscience de la nécessité de changer).

Tout d’abord, le fait de prendre conscience d’avoir passé une sacrée barrière : comme je l’ai dit quand, dans mon cas, on remplace l’eau et on déjeune avec du soda de bon matin, on finit par se poser des questions.

Ensuite, le fait de voir (quand on enlève les œillères ou qu’on ne fait pas semblant de ne rien voir :-)) autour de moi (je pense qu’on a tous des exemples) les ravages (en cas de consommation excessive) que cela peut/a entraîné.

J’ai un camarade qui, un jour se plaignait d’important maux de ventre. Il est allé aux urgences : le médecin lui a dit « soit vous arrêtez définitivement le soda soit vous allez détruire toute la tuyauterie »… il lui a fallu ce déclic pour en venir à bout. A ce moment-là, on se dit : « Ah ouais, quand même ! ». Et ensuite, on commence à cogiter et on se dit « est-ce que j’ai envie de me retrouver dans cette situation ? »

Je pense que c’est comme pour d’autres addictions telles que la cigarette : bien souvent, on sait que c’est mauvais pour la santé mais on continue de fumer car on a envie, sur le moment on aime ça, ensuite on peut être amené à regretter de l’avoir fait.

Le fait d’être tiraillé cela m’a permis de me rappeler assez régulièrement des spots publicitaires, campagnes de sensibilisation, images, articles, vidéos… mettant en exergue ou dénonçant les méfaits de cette boisson. Sur le moyen terme, ces images reviennent et aident, en tout cas, moi m’ont aidé à franchir le pas. Quand vous voyez que certains sodas permettent de récurer, déboucher, astiquer, faire briller les sols, les toilettes, les jantes de voitures, les pièces de monnaie… on finit par se dire « je n’ose même pas imaginer ce qui se passe au niveau des intestins ».

Enfin, le fait d’avoir une super amie inspirante qui a une alimentation saine. Elle dégage une énergie, une joie de vivre… qui crée un effet de mimétisme et qui donne naturellement envie de sauter le pas.

  • Comment as-tu fait pour supprimer cette boisson de ton alimentation ? Peux-tu décrire les difficultés rencontrées ?

J’ai réussi à supprimer cette boisson grâce à, je pense, un réel travail psychologique qui a nécessité du temps. Ce dernier a été facilité par une volonté de ne pas s’enfermer, un entourage à l’écoute, une prise de conscience liée à une accumulation d’informations sur le sujet ainsi qu’une confrontation frontale à la réalité.

L’une des principales difficultés fut (c’est le cas de temps en temps) : de résister à la tentation qui plus est quand l’accès est facilité. En effet, il y a du soda, en tout cas, j’en vois partout.

Certains industriels sont très forts : en me baladant dans quelques pays d’Europe ou du Maghreb, j’ai constaté que l’eau en bouteille est plus chère que certains sodas. C’est incroyable !

  • Quels bienfaits sur ta santé as-tu constatés depuis ?

Adieu les troubles du sommeil, l’anxiété et les gargouillements intensifs.

Quel plaisir de pouvoir dormir et surtout récupérer grâce à un sommeil réparateur.

Quel plaisir de ne plus boire du soda à vide.

Quel plaisir de ne plus passer de longues minutes parfois heures à penser qu’à une seule chose : boire du soda, toujours plus de soda.

Quel plaisir de se dire « j’ai remporté mon combat » : on a un petit sentiment de fierté (même si on se dit, j’espère que c’est bel et bien fini pour de bon : en tout cas, j’espère vraiment que le divorce est véritablement consommé 😉 ).

J’ai véritablement ressenti un regain d’énergie.

  • Quels conseils donnerais-tu à d’autres personnes dans la même situation que toi ?

Des conseils classiques qui sont ou semblent évidents mais tellement puissants.

Premièrement, en discuter autour de soi avec ses proches, sa famille, ses amis… pour éviter le repli de soi, la spirale où l’on ne cesse de tergiverser. Par définition, il est très difficile de sortir d’une addiction tout seul. Il est par conséquent extrêmement important de mettre son « égo » de côté, de se « faire violence » pour s’obliger à se faire aider. J’ai appris avec le recul que le fait de demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse mais une preuve ou volonté de s’en sortir.

Deuxièmement, essayer d’y aller étape par étape en faisant des petits pas, par exemple en essayant de réduire progressivement les quantités, s’accorder le droit de ne pas réussir dès la première fois, « s’autocongratuler » pour entraîner et développer un mental d’acier qui va permettre petit à petit de reprendre le dessus.

Enfin, tenter d’apporter une touche fun, humour, jeu/défi afin de transformer la difficulté en challenge. Tout naturellement, les deux derniers sont facilités quand on a appliqué le 1er.

  • Le mot de la fin ?

Avec le recul, il est préférable de se tenir à l’écart (le plus loin possible) de ces sodas ultra sucrés (qui n’apportent pas grand-chose sur le plan nutritionnel et santé) qui pour moi ne répondent qu’à un désir/ pulsion immédiate plus qu’à un besoin car les conséquences peuvent être lourdes une fois que le « piège » (sauf si on connait Modération personnellement) s’est refermé.

 Et toi, es-tu concerné(e) ? Qu’en penses-tu ? Le soda est plutôt ton ami ou ton ennemi ?

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